Stéphane Tourreau: Comment Gérer son Stress en Compétition ?
comment gérer son stress en compétition

Stéphane Tourreau: Comment Gérer son Stress en Compétition ?

Comment gérer son Stress en compétition sportive ?

C’est l’Objet de cet interview réalisé avec Stéphane TOURREAU, Vice-Champion du Monde d’Apnée.

Tu vas trouver dans cet interview des clés que Stéphane Tourreau utilise pour gérer son niveau de stress en compétition.

Et avant d’aller plus loin, tu trouveras les clés pour arriver serein, confiant et déterminé en compétition en éliminant la peur de l’échec en suivant cette formation offerte ICI.

Aller c’est parti !

Pierre : Bonjour, je suis aujourd’hui avec Stéphane Tourreau, un vice-champion du monde d’apnées, c’est cela ?Stéphane : Ouais, c’est cela.

Pierre : La première question que je voulais te poser Stéphane, c’est : « Quand tu as commencé l’apnée, est-ce que tu savais qu’un jour tu passerais en dessous des 100 mètres ? Est-ce que pour toi c’était possible ? »

Stéphane : Pour moi, c’était loin. Je ne sais pas si je vais avoir la capacité de me projeter.

C’était un rêve de gosse.

Oui, c’est un rêve.

C’est dans un coin de tête et se dire : « Purée, si seulement j’avais cette chance-là ! »

Après, je pense que quand tu es jeune, tu as tellement d’idées dans la tête, tu vois ça tellement loin ; mais forcément, cela rentre dans un coin en tête. Peut-être que le premier moment où j’ai eu cette idée-là dans un coin très très lointain de ma tête, c’était à l’âge de 15 ans, en me disant :

« Tiens, *** c’est quand même, cela pourrait être une vie de fou d’être apnéiste ».

Cela s’est nourrit avec le temps puisque forcément, il n’y avait rien au niveau local dans ma région.

Il a fallu construire beaucoup de choses.

Il n’y avait pas d’école, il n’y avait pas de structure donc il a fallu complètement tout s’auto-construire et construire un petit peu en mode autodidacte le développement de l’activité dans ma région.

A cet âge-là, c’était surtout que j’attendais avec impatience les vacances en Corse pour pouvoir plonger, parce que je n’avais pas d’autres moyens de le faire. 

Pierre : Qu’est-ce qui t’a attiré sur l’apnée justement ? 

Stéphane : L’apnée, c’était pour moi ma récréation puisque j’avais vraiment beaucoup de difficultés avec l’école. Je n’ai jamais accepté ces systèmes scolaires et puis la façon d’enseigner sûrement au fond de moi. Beaucoup de complexes, beaucoup de peurs et de non confiance en moi.

J’avais une locomotive, un TGV dans la tête qui pensait tout le temps et cela a été très dur de canaliser toute cette énergie. Quand tu es en cours, tu dois être en pleine présence de tout cela pour ne pas décupler le travail. Au final, je devais peut-être travailler deux fois plus que les autres chez moi après parce que je pensais à tout sauf à l’école.

Mais c’était pour moi ma récréation et le moyen de me retrouver avec moi-même. Les sensations étaient magiques.

C’était pour moi un nouvel univers. C’est comme si tu vivais dans une pièce et d’un coup, tu t’apercevais qu’il y avait une porte et qu’il y avait un autre monde juste derrière. Arriver dans ce monde-là et voir toute cette lumière, ce bleu, cette visibilité et puis cette curiosité d’aller découvrir un petit peu ce qu’il y avait en dessous, c’était vraiment à la fois fantastique et à la fois passionnant.

Pierre : Fantastique et passionnant ! C’est intéressant parce que quand on voit le sport de haut niveau en règle générale, souvent, les athlètes sont sous le feu des projecteurs en permanence pendant la compétition. Alors que là, à l’inverse, tu te retrouves, je pense, seul avec toi-même quand tu plonges. 

Stéphane : Complètement. On est seul en bas donc il n’y a que nous qui pouvons réellement gérer notre mauvais stress, gérer notre émotion, gérer notre engagement aussi.

C’est vraiment le sport introspectif par excellence qui emmène autant sur l’aspect physique que spirituel.

Plus tu te mets dans un état émotionnel Bas, plus tu peux performer

Je pense que c’est cette complémentarité-là qui fait sa force. C’est le seul sport ou au final, un des rares sports où tout tient à la gestion émotionnelle ; plus tu mets ton état émotionnel le plus bas possible, plus tu peux être capable de performer et d’être dans l’économie de l’effort pour réaliser ta plongée et/ou ta performance.P

Pierre : Comment tu es arrivé à dissocier l’objectif du résultat ?

Stéphane : Au final, on recherche la performance, on se met dans un état d’entrainement de haut niveau et au final, on en oublie quelle est l’essence. Je pense qu’il m’a fallu un peu de temps pour comprendre cela. Surtout, je suis très compétitif avec moi-même, très exigeant.

Et j’avais tendance à vouloir aller très vite.

Dans l’apnée, cela ne marche pas.

Je l’ai appris un petit peu à mes détriments, en me blessant, en faisant des choses qu’il ne fallait pas. Et j’ai appris un petit peu en mode expérimental.

Pierre : Et du coup, tu me dis que tu as appris à tes détriments, en te blessant. La question que je vais te poser, s’il y a d’autres sportifs de haut niveau qui écoutent cette interview, je pense que pour toi, je vais faire exprès d’employer ce mot, mais comment tu gères l’échec ?

Quand on s’est planté on a pas besoin de se le répéter !

Stéphane : Justement, l’échec, ce n’est pas l’échec. Je n’arrive même pas à le citer ce mot pour moi. Pour moi, ce mot n’a pas sa place en fait, parce que c’est une construction. Il n’y a même pas d’échec. Dès qu’on n’a pas atteint l’objectif ou le target, à ce moment-là, ce n’est que de l’enseignement.

Je pense que le mot « enseignement », c’est le mot « apprentissage ». On ne passe même pas par un : « *** j’ai fait l’échec. » Forcément, dans la tête on se le dit sur le moment, puisqu’on est habitué à cela, on est formaté à cela. Mais au final, on le sait quand on s’est planté, on n’a pas besoin de se le répéter.

Une fois que l’action est faite, à ce moment-là, on se dit : Ok, maintenant, qu’est-ce que je fais ?

Dans l’instant présent, c’est qu’est-ce que je fais pour avancer ?

Et c’est ce qui va me permettre d’évoluer beaucoup plus vite. Forcément, ce n’est pas que dans les réussites qu’on arrive à avancer. C’est justement dans ces moments-là.

Pierre : Justement, à un athlète qui regarderait cette interview, tu lui conseillerais quoi pour quelqu’un qui veut performer en termes de résultats, pour qu’il arrive à un haut niveau de performances sportives ?

Stéphane : Moi, j’ai axé beaucoup ma préparation maintenant et j’ai compris la source :on veut développer plein de choses.

On veut développer l’intuition, on veut développer notre capacité physique. Après, il y a la nutrition, le sommeil.

Il y a plein de règles, il y a plein de choses qu’on peut apprendre ou mettre en place dans sa vie de tous les jours.

Et au final, la source même qui nous permet de le mettre en place, ce n’est pas de se projeter, c’est d’être dans l’instant.

Et plus tu es dans la pleine conscience, plus tu es capable d’être dans l’instant présent et d’observer et de ressentir tout ce qui se passe en temps réel dans l’instant, plus tu vas développer ta capacité intuitive.

C’est-à-dire que tu n’as même plus besoin de mentaliser les choses et de réfléchir. C’est ce qui est dingue.

C’est qu’on parle de préparation mentale, mais le but d’un préparateur mental, c’est de le faire disparaître.

C’est comme si moi je te parlais : « Ne pense pas, surtout ne pense pas à l’éléphant rose. ». C’est le jeu du préparateur mental, justement c’est de le faire disparaitre ou de l’annihiler.

On ne peut le faire que par la pleine conscience dans l’instant présent, en prenant conscience en tant qu’observateur de ses propres pensées. C’est comme si on était capable de se voir penser et se dire : « Ah tiens, mon esprit est parti-là », mais sans avoir de jugement.

Des fois même d’en rigoler ou même d’en rigoler de son propre esprit qui part ailleurs. Dès qu’on a commencé à jouer à cela, on le prend comme un jeu, c’est tous les jours. C’est en prenant sa douche, c’est en coupant ses légumes, c’est ne marchant dans la rue, en ayant des interactions humaines. J’ai compris cela il y a vraiment peu de temps qu’au final,

Je savais ces choses-là, mais j’étais très loin d’en prendre conscience parce que je ne l’ai pas vraiment appliqué.

En l’appliquant sérieusement, toutes mes performances, mon plaisir dans la performance ont complètement changé.

J’ai compris aussi plein de choses parce que forcément, quand on est là-dedans de manière intuitive, on a plein d’informations qui nous viennent. Les informations étaient que je n’ai plus besoin de me projeter à travers de entrainements ou de me mettre une pression de quoi que ce soit à travers tel ou tel exercice.

Puisqu’en fait, je suis capable de les faire moi-même : gagner en autonomie sur sa préparation et donc être beaucoup plus à l’écoute de son corps et de savoir si on peut s’entraîner ou pas et d’arriver à mettre l’égo de côté.

Donc pratiquer la méditation, ce n’est pas forcément le puits sur un rocher, c’est en essayant de marcher dans la forêt, d’aller justement d’être en conscience, de sentir ses pas, de sentir l’air sur le visage, d’écouter les sons et de s’amuser à cela et d’en faire un jeu.

Je pense que quand on a fait cela dans sa propre vie, on ne le fait plus pour la performance, on le fait pour soi.

Pierre : Donc c’est une des clés. Maintenant quand tu plonges, tu le fais plus forcément pour la performance, tu le fais pour toi ?

Stéphane : Oui, je le fais pour moi.

Et la performance, c’est un outil.

C’est un moyen de m’évaluer sur ma capacité à gérer l’instant présent. La compétition, c’est exactement pareil.

C’est-à-dire que la compétition n’est plus du tout un objectif de résultat. Elle n’est plus du tout dans un objectif de médaille.

Parce qu’au final, la médaille, le podium ou le résultat, ou la performance, c’est juste un cadeau pour te féliciter de ce que tu as réussi à accomplir dans l’instant présent.

Si tu es vraiment focalisé dans l’instant présent, déjà d’un tu t’éclates, en plus de cela, cela permet d’évaluer ta capacité à gérer l’instant présent.

C’est que si tu es capable en compétition internationale et mondiale de plonger avec le même état d’esprit qu’en entrainement, c’est d’une puissance énorme.

Derrière, au final, le plus beau des cadeaux est celui-là. Et en plus, c’est ce qui est exceptionnelle, c’est qu’en faisant cela, c’est là où tu arrives à avoir peut-être cette récompense qui peut arriver.

Au final, c’est un cadeau qu’on t’offre, mais au final,

L’objectif premier c’est surtout de te développer toi et plus que la performance en elle-même.

On veut trop dissocier la performance et le sport de l’individu alors qu’en fait c’est d’abord l’individu et ensuite la performance.

Pierre : Ouais, le sport du coup reste juste un outil de développement au final.

Stéphane : Exactement !

Pierre : Quand tu plonges, tu focalises ton attention sur quoi ? 

Stéphane : Moi, de plus en plus, je suis sur les sensations de mon corps pour être dans l’économie de l’effort.

Je suis en mode économie de l’effort dans mon ressenti corporel.

C’est-à-dire que je suis en train de nager et j’essaie de ressentir ma glisse dans l’économie de l’effort et ressentir presque le moindre muscle qui travaille dans mon corps, d’atteindre un état de mise en économie de mon corps.

En pleine conscience d’être dans l’économie du corps et pour le reste, c’est plus ou moins automatiser la force.

Donc cela, on peut encore plus l’automatiser avec la visualisation.

Puisque la visualisation c’est une forme de méditation.

Sauf qu’on va focaliser notre esprit sur une chose, c’est-à-dire un aspect technique de visualisation et après, une fois que cela s’est fait, je dirais que c’est d’être juste focalisé sur l’économie de l’effort pendant la plongée.

Après, il peut y avoir des petites subtilités que je rajoute si j’ai des choses à modifier, de créer un ancrage pour qu’à ce moment où cela arrive, il faut que j’arrive à modifier ce paramètre-là.

Ce qui est un autre phénomène dans notre sport qui est la narcose qui a forcément un impact au niveau mental parce qu’on va se projeter. On va avoir tendance à avoir plein d’images, des flashs de ce qui nous arrivait, donc cela va être un multiplicateur de pensées.

C’est là où notre sport et encore, il est plus important dans la pleine conscience, au final, quand on va être narcosé, tout va nous pousser à penser et à partir dans 36 000 pensées au même moment.

Cela va être encore plus exigeant de se recentrer dans l’instant, quel que soit, justement cet effet narcotique qu’on peut recevoir dans ces profondeurs.

Pierre : Donc là à ce moment-là, tu as des ancrages, c’est ce qui te re-permet de te recentrer sur l’instant présent ?

Stéphane : Oui, c’est cela, déjà d’être dans son corps, d’être dans l’écoute de son corps et dans son ressenti, vraiment dans le ressenti de mon environnement et sur moi.

Depuis que j’ai fait cela, j’ai fait un bon jump sur mes plongées et sur mes performances et surtout, j’ai pris du plaisir.

Je suis moins dans une anxiété puisque même si je voulais être dans l’instant présent, je ne l’étais pas.

Et avec la narcose, c’est d’autant plus difficile. Mais maintenant, j’ai franchi un nouveau cap.

J’ai même des fois si vraiment la narcose est forte et que j’ai plein de pensées qui traversent, je suis capable de les choisir.

C’est-à-dire qu’à un moment donné, je dis : « Bon, je n’arrive pas à évacuer ces pensées, ok, j’en prends une ». J’en choisis une et je la garde. Je dis : « Toi tu ne bouges pas ! »

Et du coup, je me place vraiment en observateur de mes pensées.

C’est ce qui est énorme.

Tu te vois penser et tu vois les films qui dépassent et tu dis : « Bon, alors, ok, bon, choisis cela. Et maintenant, on reste là-dessus ».

C’est énorme parce qu’on n’est peut-être pas beaucoup à le faire.

Je trouve que tu arrivais à le faire et d’en rire.

C’est fort et puissant.

Pierre : Donc vraiment axer sur le process et sur le développement de soi finalement, plutôt que sur la performance. 

Stéphane : On revient sur l’intuition et la pleine conscience. Si tu es dedans, tu arrives justement à gérer cette ardeur, à la canaliser et en faire une force. 

Pierre : Une autre question : c’était quoi le bonheur pour Stéphane Tourreau ?

Stéphane : Donc la première question, le bonheur, c’est vivre l’instant. On en revient toujours parce que si on est dans l’instant, on a le sourire, le smile monte automatiquement.

C’est un rictus qui se connecte parce que tu savoures chaque moment et le meilleur peut arriver, même ce que tu ne peux pas imaginer.

C’est que des fois, tu te projettes dans quelque chose, tu vois quelque chose, tu te dis : « Waouh, cela pourrait être magique pour moi. » Mais en fait non. Parce que si cela se trouve, il y a plus grand encore.

Le fait de se projeter, au final tu crées une fausse réalité qui crée malheureusement une peur ou voire même une déception. Si tu es dans l’instant présent, il n’y a plus de déception. Il n’y a plus de peurs, il n’y a plus de projections. Donc forcément tu savoures chaque moment et chaque seconde.

Je pense que le secret du bonheur, c’est vivre la pleine conscience. 

Pierre : Du coup, la dernière question, c’est quoi la vision du monde, le monde idéal pour Stéphane ?

Stéphane : Vision du monde idéal ? Je suis en train de réfléchir, mais je reviens toujours à la même chose.

Enseignement de la conscience.

Si on enseigne la conscience dans le monde, dans toutes les écoles, développer la personne, plutôt que le matériel. Je pense que quand on aura inculqué ce que c’est la pleine conscience à tous niveaux de la population, le monde change demain.

C’est un outil qui est ultrasimple, facile.

On l’a tous dans nos mains et tout part de là. 

Pierre : Merci beaucoup Stéphane pour ton temps. Où est-ce que les personnes peuvent te retrouver ?

Stéphane : Sur les réseaux sociaux, sur YouTube. Là, on a un projet vidéo actuellement avec mon partenaire.

J’ai un caméraman qui est aux Philippines.

On fait une petite vidéo, un petit peu du trip aux Philippines et en parallèle, aussi un autre projet documentaire.

Cela sera de regrouper les 5 épisodes qu’on a fait dans les lacs de montagnes.

Puisqu’on a plongé dans les lacs d’altitude avec mon frangin qui est hydrobiologiste, qui est spécialiste justement au niveau environnemental, sur ces lacs. Ce serait de faire un documentaire pour sensibiliser justement à ces environnements-là, et puis après on verra, c’est déjà pas mal.

Pierre : Ok, en tout cas, je mettrais les liens dans l’article ou sous la vidéo. Super, merci beaucoup Stéphane !

Stéphane : Merci à toi. 

Pierre : C’est quand ta prochaine compétition ?

Stéphane : Fin juin on a les échéances nationales avec Nice Abyss Contest, championnat de France. Après, on a les championnats du monde CMAS à Roatan au Honduras début août et Nice en septembre (les championnats du monde AIDA). On a deux fédérations, deux échéances importantes cette année. Cela va être un bon moment de partage. 

Pierre : Super, merci beaucoup Stéphane et bon entrainement aux Philippines. 

Stéphane : Merci à toi.

Et voici ce nouvel interview !

Si cela t’a inspiré pense à le partager aux autres.

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