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Couverture de l’article de Pierre David sur la solitude du dirigeant : comment ne plus décider seul

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Solitude du dirigeant : comment ne plus décider seul

Par Pierre David, fondateur de l’AHPLecture : 7 min

La solitude du dirigeant tient d’abord à sa place : en haut de la pyramide, il décide seul et n’a souvent personne à son niveau à qui parler. Elle pèse sur les décisions, que l’on repousse ou sur lesquelles on tourne en boucle. Pour ne plus décider seul, on peut s’entourer de pairs, se recentrer sur ses priorités et accepter ses propres cycles.

Vous êtes dirigeant. Le soir, vous rentrez chez vous, fatigué. Vous n’avez personne à qui parler, personne à qui vous confier.

Je le sais : en tant que dirigeant d’entreprise, je connais moi-même la solitude du dirigeant. Notre façon de voir les choses est assez différente de celle de nos proches.

Pourquoi un dirigeant se retrouve seul

Il y a d’abord cette image : mine de rien, quand on est entrepreneur avec des collaborateurs, on est en haut de la pyramide. Et en haut de la pyramide, on se sent forcément seul, avec des problématiques qui nous sont propres.

Les salariés, quand ils ont une difficulté, peuvent en parler entre eux : ils se comprennent. Le dirigeant, lui, n’a souvent personne à son niveau à qui parler. Plus on gagne en liberté, plus on gagne aussi en responsabilité.

Notre famille, si elle vit plutôt dans le salariat, ne comprend pas toujours ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons, pourquoi cela nous tient autant à cœur, pourquoi nous travaillons autant.

Ce que la solitude coûte dans les décisions

Se sentir isolé peut coûter cher dans les décisions. On les repousse, ou on tourne en boucle. Cela crée de la fatigue mentale et occupe de l’espace mental.

On peut aussi procrastiner, se demander si c’est la bonne ou la mauvaise décision, imaginer les conséquences pour tous les autres si l’on se trompe.

Comment ne plus décider seul : s’entourer

À titre personnel, pour dépasser cette solitude, je m’inscris chaque année à un mastermind ou à un accélérateur.

Le mastermind

Un groupe d’entrepreneurs de même niveau qui se retrouvent environ une fois par mois pour échanger, ce qu’on appelle des « cerveaux collectifs ».

Dans chacun de ceux que j’ai faits, il s’est presque toujours passé quelque chose pour créer du lien : une personne est devenue cliente, j’ai trouvé des prestataires, ou des amis.

Et quand on a un blocage, sur une dizaine d’entrepreneurs au même niveau que nous, ou légèrement au-dessus, il arrive souvent qu’un autre ait déjà rencontré le même problème et ait une piste. On gagne du temps.

Se recentrer sur ses priorités pour sortir de la comparaison

Pour dépasser la solitude, il est aussi utile de se recentrer sur ses priorités intrinsèques. Car la comparaison peut s’installer, et tant qu’on se compare à d’autres, on crée de la séparation.

Un entrepreneur que j’ai accompagné culpabilisait de faire les choses pour l’argent. Or l’argent reste un élément important pour l’entreprise, pour la faire évoluer. Il se disait : « Je devrais faire plus d’associatif. »

En creusant ensemble, il a vu que c’était justement la dimension économique qui le rendait aussi engagé et qui lui permettait de distribuer autant de valeur. Les personnes qui dirigent des associations ont un autre impact, différent du sien. En acceptant cela, il a pu arrêter de se comparer. Le sentiment de comparaison a disparu, et la solitude avec lui (les résultats sont propres à chacun).

À l’inverse, quand on voit que ce qu’on admire ou ce qu’on juge chez les autres, on l’a aussi en soi, un sentiment de rapprochement apparaît. C’est pourquoi il est important de connaître ses priorités, et d’enlever des phrases comme « il faut être fort » ou « un patron ne doute pas », pour être simplement bien dans sa peau et bien avec qui on est.

Accepter ses cycles : les dirigeants aussi doutent

Un jour, après avoir créé du lien avec un entrepreneur que j’accompagnais, je lui ai dit, dans une conversation informelle : « Ce matin, je me suis réveillé avec moins d’énergie. » Il a été étonné : « Pierre, ça t’arrive de ne pas avoir d’énergie ? »

Je lui ai répondu : « Bien sûr, je suis un être humain. Parfois je suis en haut, parfois en bas. Il y a le chaud, le froid, la pluie, le beau temps, la nuit, le jour, les quatre saisons. » Je lui ai parlé des biorythmes. Ce n’est pas une notion scientifique, mais j’aime bien cette image : parfois on est plus haut, parfois plus bas.

Je ne connais pas un entrepreneur qui ne doute pas. Je ne connais pas un athlète de haut niveau qui ne doute pas.

Pierre David, fondateur de l’AHP

Chacun a ses phases de doute, ses cycles, et c’est normal. Arrêter de se comparer permet d’accepter ces cycles et de rester centré sur soi. C’est d’ailleurs l’une des choses que les chefs d’entreprise peuvent apprendre des athlètes.

Un exemple : le dirigeant qui portait tout seul

Un dirigeant que j’ai accompagné se sentait très seul. Il portait énormément de responsabilités. En travaillant ensemble, il a retrouvé de la grinta et de l’énergie, et son sentiment de solitude a largement diminué (les résultats sont propres à chacun).

Chez plusieurs dirigeants que j’ai accompagnés, j’ai observé la même chose : quand les blocages se lèvent, le sentiment de solitude s’estompe.

Quand la solitude devient plus lourde

Ne restez pas seul

Quand le sentiment de solitude devient plus lourd, que votre sommeil est perturbé ou que votre humeur est très basse, parlez-en à un médecin ou à un psychologue. Si vous traversez une détresse importante, ne restez pas seul : appelez le 15 en cas d’urgence, ou le 3114, le numéro national de prévention du suicide.

Pour repérer ces signaux, voyez aussi les signes du burn-out du chef d’entreprise.

Un médecin ou un psychologue peut être une aide précieuse. Mais ils ne sont pas forcément dirigeants, et ne vivent pas forcément ce que vit un chef d’entreprise. C’est pourquoi, à l’Académie de la Haute Performance, nous faisons accompagner des dirigeants par des dirigeants, comme nous faisons accompagner des sportifs par des sportifs : on peut alors se sentir compris. Cet accompagnement vient en complément d’un suivi médical ou psychologique, pas à sa place.

Pour faire la différence entre les deux, lisez aussi psychologue ou coach : lequel choisir.

Pourquoi je comprends la solitude du dirigeant

Avant d’être coach, je suis d’abord un dirigeant. J’ai dirigé une entreprise portée jusqu’à plus de 1,7 million d’euros de chiffre d’affaires, avec une dizaine de collaborateurs et de prestataires.

Découvrez notre accompagnement des dirigeants.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le syndrome du dirigeant ?

Ce n’est pas un diagnostic médical. L’expression désigne le fait d’être entrepreneur et dirigeant, souvent associé, et de se sentir plutôt seul. Cela peut créer du poids, comme une épée de Damoclès, qui rend la vie plus difficile et n’apporte pas de joie. Le but est de pouvoir enlever ce poids. Si ce poids touche votre sommeil ou votre humeur, parlez-en à un médecin ou à un psychologue.

Qu’est-ce que la solitude professionnelle d’un dirigeant ?

C’est le sentiment d’être seul avec des problématiques que les autres ne partagent pas. Le dirigeant n’a souvent personne à son niveau à qui parler, et ses proches ne comprennent pas toujours ce qu’il fait ni pourquoi cela lui tient autant à cœur.

Pourquoi un chef d’entreprise est-il seul ?

Parce qu’il se retrouve en haut de la pyramide. Il est seul à prendre des décisions, et ces décisions peuvent impacter énormément de monde, puisque les autres se trouvent, de fait, en dessous de lui.

Quels sont les signes de la solitude chez un dirigeant ?

Les décisions que l’on repousse, des pensées qui tournent en boucle, de la fatigue mentale, de l’espace mental pris, de la procrastination, et le doute permanent sur ses choix. Si votre sommeil est perturbé ou votre humeur très basse, parlez-en à un médecin ou à un psychologue.

Comment lutter contre la solitude du dirigeant ?

Entourez-vous d’autres dirigeants, de pairs. Rejoignez des réseaux ou un mastermind, et faites-vous accompagner par un coach. Si la solitude pèse sur votre sommeil ou votre humeur, parlez-en aussi à un médecin ou à un psychologue.

Comment prendre une décision quand on est seul ?

Mesurez les bénéfices et les inconvénients de chaque option. C’est le principe de la Dépolarisation® : équilibrer ses perceptions, regarder le positif comme le négatif, pour décider sans interférence. Vous pouvez aussi en parler à des pairs, par exemple dans un mastermind. Vous retrouverez cette démarche dans mes livres.

Pierre David est consultant professionnel spécialisé dans le coaching en entreprise et sportif. Avec une expérience poussée en développement personnel, cet ancien sportif de haut niveau (Vice-champion de France en Savate Boxe Française Elite A 2015) a coaché de nombreux médaillés olympiques et sportifs de haut niveau. Sa formation comprend des certifications en coaching (Docteur John Demartini 2019, Institut SANE 2018-2019), hypnose (École Centrale d’Hypnose 2015-2016) et neurosciences (Institut des Neurosciences 2015-2016). Fondateur de l'Académie de la Haute Performance, il a développé la technique de Dépolarisation et il est l'auteur de 3 livres sur la préparation mentale et l'entreprenariat : L'Identité Gagnante (2020), "L'entrepreneur Gagnant" (2022), "Préparation Mentale Gagnante" (bestseller, édité chez EYROLLES 2023) et Reprenez le contrôle (2025).

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Votre consultant professionnel dédié aux performers, ancien boxeur de haut niveau, et entrepreneur qui libère votre potentiel bridé tout en vous aidant à éliminer la peur de l’échec.

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